Pèlerinages à nos saints de Provence

 



De très nombreux pèlerinages, pardons, fêtes votives sont organisés en l'honneur de nos saints de Provence. Nous ne pouvons les connaître tous, aussi invitons-nous nos lecteurs à nous les faire connaître et nous les annoncerons dans nos pages.


* Marie-Madeleine

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Saint-Maximin
- Isolabona (Italie)
- Penmarc'h (Finistère)


* Saintes Maries
Aux Saintes Maries de la Mer

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Samedi 22 et Dimanche 23 octobre 2011
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Samedi 3 et Dimanche 4 décembre 2011


* Saint Lazare
 

Homélie de Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon

lors de la Messe télévisée du Dimanche 22 Juillet 2012

depuis la Grotte de la Sainte Baume

pour la solennité de Sainte Marie-Madeleine, fête patronale.

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L’évangile est un tissu de rencontres et chaque rencontre révèle en même temps la divinité de Jésus et sa profonde humanité. En chaque rencontre, Jésus révèle l’homme à lui-même, à sa vocation, à sa liberté, à sa dignité.

 

C’est ce qui s’est passé avec Marie-Madeleine, que nous fêtons particulièrement en ce jour et en ce lieu qui lui est consacré. Ce sanctuaire porte la trace indélébile de sa présence et de son témoignage. Celui d’une femme qui a rencontré Jésus et dont le cours de sa vie a été bouleversé par ce contact.

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Tout particulièrement, Marie-Madeleine nous livre 4 secrets que je voudrais vous partager. La foi, comme la vie d’un être humain est en effet scandée par  4 étapes :

·        ·   La première étape de la vie, c’est la conception, fruit d’un amour entre 2 êtres. Les évangiles sont très laconiques mais ils indiquent que Marie-Madeleine a été libérée par Jésus de 7 esprits mauvais (Lc 8, 2-3). Nous savons que le chiffre 7 dans l’Ecriture souligne la plénitude Marie-Madeleine était sous l’emprise du Mal. Son attachement au Christ a été le fruit de la délivrance. La libération intérieure est la signature de Dieu depuis le temps de l’exode. Marie-Madeleine est miraculée. Désormais, elle lie son existence à celle du Christ. Elle trouve en Lui sa liberté. Dorénavant sa vie ne se comprend que par la sienne.

·         ·   Après la fécondation, la deuxième étape de la croissance d’un être est celle de la gestation. A peine conçue comme un cadeau de Dieu, la foi doit grandir, mûrir, se déployer. C’est ce qui s’est passé avec Marie-Madeleine. L’évangile nous rapporte qu’elle faisait partie de l’entourage de Jésus, porteuse du témoignage vivant de la miséricorde de Dieu. C’est le temps de la catéchèse. Après l’ébranlement initial (que dans les Actes des Apôtres on appelle le kérygme), Marie-Madeleine doit « apprendre le Christ » (je reprends là une expression chère à Jean-Paul II). Sa foi doit la configurer de jour en jour à Celui que « son cœur aime ».

·      Arrive alors un moment décisif dans l’expérience de Dieu : la foi parvient à un sommet, à un réveil. L’Evangile le nomme «Golgotha ». Pour donner la Vie, Jésus, librement, donne sa vie. On notera la présence fidèle de Marie-Madeleine à la liturgie pascale de Jésus (Mc 15,47). Son attachement à Jésus est sans réserve, alors que les apôtres trahissent, renient ou abandonnent le Christ. Elle doit faire le deuil de Jésus, mais par un pressentiment prophétique, elle ne se résout pas à sa perte. La dépossession physique de Jésus relance sa quête de le trouver. Comme le tombeau, sa foi était devenue vide mais à l’appel du nom, « Marie », elle renaît.

·     ·   Jésus lui enjoint alors d’annoncer aux apôtres qu’il est vivant. La Madeleine entre dans la quatrième étape de la foi, celle de la maturité. En effet, la foi n’est pas simplement une renaissance au contact de Jésus ressuscité, elle doit se faire annonce, témoignage. Elle est appelée à s’exposer à tous. Le tombeau devient pour Marie-Madeleine un berceau. Celui d’une vocation insolite. Elle devient « l’apôtre des apôtres », selon l’heureuse expression, et sa foi au Ressuscité grandit tandis qu’elle la professe tout alentour.

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En cette terre de Provence où l’évangélisation de notre pays a commencé, Marie-Madeleine nous offre encore un itinéraire de foi pour la nouvelle évangélisation, qu’appelle de ses vœux le pape Benoît XVI. Au contact de celle qui a touché le Ressuscité, puissions nous être gagnés par son ardeur, sa joie et sa liberté.

 

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Homélie de Mgr Christophe DUFOUR,

 évêque d'Aix et d'Arles,

Fête de sainte Marie-Madeleine le 22 juillet 2012

 à la Basilique de Saint Maximin

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« Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » L’amoureuse cherche celui qu’elle aime. Frères et sœurs qui êtes venus aujourd’hui fêter sainte Marie-Madeleine, qui cherchez-vous ? C’est la question du jour. Qui cherchez-vous ? Qui cherchons-nous ?

 

Il fait encore sombre ce matin-là, lorsque Marie-Madeleine vient au tombeau. C’est la nuit. La nuit de celui ou celle qui vit hors de la foi. La nuit de l’amoureuse qui n’a pas encore trouvé celui que son cœur aime. L’amoureuse, c’est nous. C’est chacun de nous. C’est toi, c’est moi, c’est nous tous, c’est l’humanité entière, capable d’aimer. Ce qui nous fait humain, c’est que nous sommes capables d’aimer. Ce qui nous caractérise comme êtres humains, c’est que nous avons un cœur pour aimer. Notre cœur est en nous comme un radar intérieur, ou un moteur de recherche, qui conduit notre quête existentielle de bonheur. Bonheur d’aimer et d’être aimé. Nous faisons l’expérience de l’amour. Et de cette expérience – heureuse ou malheureuse – dépend notre bonheur, la paix et la joie, la sérénité de notre être intérieur, l’harmonie de notre vie. « Je cherche celui que mon cœur aime » dit la bien-aimée du Cantique des Cantiques. Nous le disons nous aussi, et nous nous interrogeons : d’où vient que j’aime ? Qui a mis en nous cet amour ? Nous le cherchons avec Marie-Madeleine, dans le jardin, près du tombeau.

Marie-Madeleine, la prostituée. Marie de Magdala, comme on dirait de Pigalle ou des bas fonds de Marseille. Prostituée non pas d’abord parce qu’elle vend son corps, mais parce qu’elle se trompe d’amour. Prostituée comme les prophètes le disaient du peuple de Dieu lorsqu’il mettait son amour dans les idoles et les faux dieux. Prostituée, comme peut l’être l’humanité lorsqu’elle corrompt ses valeurs dans le tout économique, la compétition pour l’argent et le pouvoir. Prostituée lorsqu’elle se laisse aveugler par les faux dieux de notre société matérialiste, les idoles modernes, le plaisir et la jouissance, le consumérisme égoïste, l’amour dévoyé et possessif. Prostituée comme l’était Marie-Madeleine avant de rencontrer le Christ, « la femme aux sept démons », dit l’Evangile. Elle a trouvé le Christ. Ou plutôt elle s’est laissée trouver par le Christ, elle s’est laissée aimer, saisir. Elle a accueilli son pardon qui l’a libérée et recréée, qui a lavé son âme et purifié son cœur.

Qui cherches-tu ? Qui cherchez-vous ? Qui cherchons-nous ? Nous cherchons le Christ. Un mystérieux amour nous conduit à lui et il se laisse rencontrer. La rencontre du Christ est au cœur de notre foi chrétienne. Rencontre intime, communion d’amour qui illumine notre vie et lui donne son sens, sa direction, son but, sa finalité. « L’amour du Christ nous saisit » dit l’apôtre Paul. Alors nous n’avons plus notre vie centrée sur nous-mêmes mais sur lui, le Vivant, l’Eternel Amour. Alors nous sommes morts à notre égoïsme. C’est par le Christ que nous devenons quelqu’un. Sans le Christ, nous avons beau nous mettre sur la pointe des pieds, nous gonfler d’orgueil, nous faire aussi gros que le bœuf comme dans la fable, nous restons des petits nains à la face de la terre, de petites poussières au sein de l’univers. Mais rempli du Christ, rempli de son amour, nous devenons immensément grands. Nous laissant aimer par Lui, nous découvrons que nous portons en nous une étincelle d’éternité. Telle est la découverte de Marie Madeleine. Christ est l’Eternel Amour manifesté en notre chair, venu en notre histoire pour nous faire vivre de lui, par lui, en lui. Comme Marie Madeleine, nous ne connaissons plus le Christ à la manière humaine : il a traversé la mort, il est ressuscité, il est vivant éternellement. Nous ne regardons plus les êtres humains à la manière humaine : chaque être humain est transfiguré par le Christ, temple de l’Esprit, enfant du Père.

Et Jésus dit encore : « Va trouver mes frères et dis-leur… ». Telle est l’ultime parole du Christ à Marie-Madeleine, son dernier mot : il lui confie une mission. Allez dire aux disciples et à Pierre. Allez annoncer à mes frères. Les quatre évangiles sont unanimes : ce sont des femmes qui furent les premiers témoins du Christ ressuscité. Et à chaque rencontre, Marie-Madeleine mérite une mention spéciale au point que l’on en a fait l’apôtre des apôtres. Aussi, par son intercession, je voudrais demander avec vous une grâce particulière, la grâce d’une nouvelle évangélisation en Provence. La grâce de nous laisser évangéliser, nous, par la foi de Marie Madeleine, la grâce de nous laisser renouveler par elle dans notre foi. La grâce pour notre Eglise, pour nos communautés chrétiennes, de savoir porter, annoncer, proclamer l’Evangile de l’amour de Dieu, d’une manière renouvelée, à nos contemporains. La foi chrétienne n’est pas seulement un décor ou un folklore, un patrimoine ou un vernis culturel. Elle est une tradition, un héritage, un trésor que l’on reçoit et transmet, non pas comme de vieux objets, des vieux murs ou des souvenirs du passé, mais comme une vie, une foi qui nous fait vivre et nous  change aujourd’hui.

En octobre prochain, Benoît XVI ouvrira l’année de la foi et le synode pour la nouvelle évangélisation. Je fais le vœu qu’au long de cette année 2012-2013 tous les chrétiens aillent ensemble au cœur de la foi. Marie Madeleine témoigne avec force que la foi chrétienne, en son essence, répond à la quête spirituelle de nos contemporains, à la soif de leur âme : le Christ est celui que nos cœurs aiment. Je demande la grâce que soit éveillée ou réveillée la foi. Marie-Madeleine, la pécheresse, est allée réveiller ces hommes dans la peur qu’étaient Pierre et ses compagnons. Elle a relancé la petite Eglise naissante et hésitante dans la grande aventure de l’annonce de l’Evangile du Christ. Que le souffle de Marie Madeleine ravive les braises de la foi dans le cœur des provençaux et leur donne l’audace de dire comme elle : « Nous avons rencontré le Christ et voilà tout ce qu’il nous dit ». Amen.

  
* Sainte Marthe


* Sainte Anne

 

 

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